"Callot dans Gallé"
Émile Gallé a commencé à s’inspirer de Jacques Callot d’abord sur le verre et dès ses débuts à Meisenthal lorsqu’il est devenu en 1867 le directeur artistique de l’entreprise de son père Charles.
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Un peu plus tard, entre 1875 et 1880, Émile Gallé s’est à nouveau inspiré des Gobbi pour au moins trois vases d’apparat en cristal fumé, gravé et à émaux durs. L’un signé, sous le pied d’après Callot / Gallé Nancy, à décor de L’Homme raclant un gril en guise de violon, fait partie des collections du musée d’Orsay.
Le second, à décor du Bossu aux deux sabres et signé Gallé Nancy, est passé en vente publique le 18 mai 2025 à Saint-Cloud sous le marteau de Guillaume Le Floc’h. Un troisième à décor de joueur de violon fait partie d’une collection privée japonaise. Les Gobbi de ces trois vases sont gravés en creux à la roue ainsi que les décors du pied et du sommet du vaisseau. Ces décors mettent en scène, sous un rideau de théâtre, un combat de coqs, une chouette, des animaux difficiles à identifier et
pour le vase de Saint-Cloud un singe musicien. En plus des décors gravés, la partie supérieure et le corps du vaisseau, ainsi que le pied, sont décorés d’arabesques en émaux opaques durs en relief, roses, blancs et noirs, cernés à l’or. On remarque que pour ces trois vases, la gravure à la roue entaille à plusieurs reprises le décor émaillé, comme s’il n’y avait pas eu de véritable concertation entre l’émailleur et le graveur. Le décor à l’émail a été mis en place comme s’il devait se suffire à lui-même. Le décor à la roue a été ensuite plaqué sur le premier. Cette absence de dialogue pourrait s’expliquer par la dualité du lieu d’exécution, soufflage et émaillage à Meisenthal, gravure à la roue et dorure à l’or à Nancy.
Notons que ces trois vases d’apparat sont inspirés pour la forme d’un vase de Frans Greenwood, un marchand et graveur de Dordrecht aux Pays-Bas, daté de 1720, gravé au pointillé et représentant un homme tenant un Römer. Un autre vase du même artiste, mais de de forme différente, signé et daté aussi de 1720 est à décor de personnages de la Commedia dell'Arte d’après Jacques Callot.
Extrait de l’article
Callot dans Gallé, de François Le Tacon, paru sur le site web de l’Académie de Stanislas.