UNE PIÈCE DE 10 TIEN VAUT MIEUX QUE DEUX TU L’AURAS

 Dans un état de conservation impeccable, une pièce vietnamienne de la dynastie des NGuyen raconte les liens de l’Empire avec le confucianisme. Un quatrain confucéen est gravé en caractères chinois au revers de ce land d’or, plus connu sous son appellation « 10 tien ». Il se déploie autour du carré perforé du centre. Il y est écrit : « La pierre précieuse khuyet et le cinabre en mille ans se transforment en or très pur transmissible à dix mille générations. Ainsi on reconnaît le mérite et on met en relief les hommes vertueux car la sagesse seule est précieuse. » La tradition de reproduire un
tel verset fait référence à l’attachement de l’empereur Thiêu Tri aux principes religieux, fondements de la sagesse de la dynastie NGuyen, dont il est le troisième souverain. S’il est resté peu d’années sur le trône, décédant d’une attaque à 40 ans tout juste, il est connu pour ses positions très antioccidentales – à une époque où les puissances européennes cherchaient à installer leur domination –, mais également pour son goût de la poésie. Cette monnaie de prestige était portée en amulette, ce qui explique son bel état de conservation, et n’était pas destinée à servir autrement que comme
cadeau impérial. L’avers présente le Soleil et la Lune entre les nuages surmontant trois montagnes avec les arbres de longévité au milieu de la mer. Une autre forme de poésie. Dans la Gazette Drouot du jeudi 23 avril 2026.