MERSENNE (Marin). Les questions théologiques, physiques, mor - Lot 24

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MERSENNE (Marin). Les questions théologiques, physiques, mor - Lot 24
MERSENNE (Marin). Les questions théologiques, physiques, morales et mathématiques [suivi de] Les mechaniques de Galilée [suivi de] Les préludes de l'harmonie universelle. Paris, Henry Guenon, 1634. 3 tomes en un volume in-8, édition originale de la première défense en français des travaux de Galilée, parue seulement un an après son procès, et de la traduction des Mécaniques de Galilée. Les Mécaniques illustrées de 37 schémas gravés in-texte et les Préludes de 4 gravures in-texte d’horoscopes. Exceptionnel exemplaire, directement remis par Mersenne à son premier propriétaire, contenant les deux versions du texte (originel et expurgé). Reliure plein vélin d'époque, dos lisse titré. Ex-libris Josy Mazodier. Deux lettres tapuscrites en trois pages signées par Pierre Bérès accompagnent l’ouvrage concernant une éventuelle expertise n’ayant vraisemblablement pas eu lieu. Marin Mersenne, religieux de l’Ordre des Minimes, fut l’un des personnages les plus importants pour la diffusion des idées scientifiques nouvelles du XVIIe siècle et l’un des premiers défenseurs des découvertes de Galilée. Surnommé “le secrétaire général de l’Europe savante”, il entretint une correspondance très riche avec les plus grands scientifiques d’Europe. Proche de Descartes, Gassendi ou Hobbes, il mena lui-même de nombreuses expériences dans des domaines variés et aboutit notamment à la formulation des lois de la chute des corps au même moment que Galilée. Les Questions théologiques couvrent un large éventail de sujets, on y retrouve notamment la chute des corps (question IV), la détermination la longitude en mer (question XII), le mouvement perpétuel (question XV), la quadrature du cercle (question XVI), l'astrologie (question XX), les propriétés de la lumière (question XXI), la transparence des cristaux (question XXIV), les qualités du chaud et du froid (question XXV), le magnétisme (question XXVII), la religion et l'alchimie (question XXVIII), les taches solaires (question XXIX). Néanmoins, comme le précise John Lewis “c'est dans sa défense de Galilée qu'il [Mersenne] est devenu le plus connu". Malgré l’obtention du privilège du roi le 20 juin 1634 pour son ouvrage, la proximité temporelle du procès de Galilée et les réactions des mondes scientifiques et religieux à cet évènement poussèrent le Père Mersenne à amender son propre ouvrage. Comme il l’énonce dans une lettre à Fabri de Peiresc datée du 28 juillet 1634 : “Je vous envoye les trois petitz traitez que j’ay faits, affin que vous en puissiez recevoir quelque contentement parmi vos occupations plus sérieuses. Je vous prie d’envoyer à Mr Doni, quand vous en trouverez l’occasion, ceux où son nom est. Dont les Questions morales, mathématiques, etc. sont différentes des vostres, parce qu’il y a des raisons pour le mouvement de la Terre sans réfutation, pour lesquelles j’avois mis la sentence des Cardinaux pour medecine, comme vous verrez. Mais parce qu’on me dist qu’il y avoit eu quelque bruit parmi les docteurs de Sorbonne à cause des raisons que je ne refutois pas, j’ay osté toutes les questions dont ils se pouvoient formaliser, et en ay mis d’autres que vous verrez dans le livre pour Mr Doni, qui sera plus propre pour Rome.” Mersenne remplace intégralement quatre de ses questions, traitant directement des découvertes de Galilée. La question 34 “Quelles raisons a-t-on pour prouver, pour persuader le mouvement de la Terre autour de son axe, dans l’espace de vingt quatre heures?”, la question 37 “Quelles raisons peut-on avoir pour croire que la Terre se meut autour du Soleil, que l’on met au centre du monde ?”, et les questions 44 et 45 sur le mouvement de la Terre reprenant le premier et le second discours de Galilée. Le texte reprend ensuite par la publication de la “Sentence contre Galilée, contre ses Dialogues du mouvement de la Terre”. Marin Mersenne ne semble cependant jamais avoir été entièrement convaincu de la thèse héliocentrique. Il en fut d’abord un fervent opposant avant de revoir progressivement sa position, accordant de plus en plus de crédit aux théories Galiléennes, tout en reconnaissant la légitimité de sa condamnation. Bien qu’il semble adopter une conception du système solaire proche de celle de Tycho Brahé, la qualité des résultats de Galilée l’obligeait à prendre sa défense en tant qu’homme de sciences. Selon John Lewis, auteur de l’article de référence sur cet ouvrage, les exemplaires non "auto-censurés" par Mersenne sont extrêmement rares. Les trois exemplaires de la Bibliothèque Nationale de France sont en version expurgées, les exemplaires dans les collections publiques italiennes également et seuls deux exemplaires à la Bibliothèque de l’Arsenal contiennent le texte originel. A ces exemplaires semblent s’ajouter celui de la Bibliothèque des Facultés Loyo
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